| La lutte des travailleurs de Lafarge et la nationalisation . |
| Ecrit par Sophie Rault | |
| 08-05-2008 | |
|
Interview des travailleurs de LAFARGE par Sophie Rault (La Riposte, France). Lanz : C’est une excellente nouvelle, notre lutte a porté ses fruits : Nos conditions de travail sont très difficiles dans l’usine, les heures supplémentaires ne nous sont pas payées. Il arrive que certains d’entre nous travaillent jusqu’à 18h non stop sans paye supplémentaire. La direction paie par trajet et non par heure de travail. Nous avons fait plusieurs grèves depuis plus d’un an. Les ouvriers n’ont pas accès à la sécurité sociale, mais ce n’est pas le cas des employés, suivant s’ils cotisent ou non. Si un ouvrier se plaint de quoique ce soit, ou bien s’il a un accident ou s’il est malade, on trouvera n’importe quelle raison pour le virer ; on ne peut rien dire. L’entreprise exploite les travailleurs de manière flagrante : une des clause du nouveau contrat dit ceci : (coller la photo). Les ouvriers n’ont pas signé cette clause, c’est injurieux. Le ministère du travail a joué un rôle pernicieux contre les travailleurs en acceptant des contrats illégaux qui ne respectent pas les droits des travailleurs : il y a eu des accords passés entre certains fonctionnaires du ministère et le patron. Le ministère du travail est rempli d’intellectuels traîtres qui représentent le patronat et qui devraient être « jetés » du ministère. L’exploitation se fait à tous les niveaux : des ouvriers, aux conducteurs, mécaniciens, techniciens… Il y a des travailleurs ici qui sont exploités de la sorte depuis 21 ans, 26 ans …dans cette entreprise colonialiste. Cette entreprise fait beaucoup de bénéfices, détruit la santé des travailleurs et détruit l’environnement. LR : Avez-vous un syndicat dans l’usine et comment faites-vous ? Gustave Briceno : Il y a un syndicat patronal qui ne représente pas les droits des travailleurs, il représente ceux du patronat . Il n’a pas été élu par les ouvriers, mais par le patronat. Il y a peu de temps , nous avons fait une réunion entre nous pour quitter ce syndicat. Nous avons obtenu la majorité des signatures pour le quitter. Nous avons demandé de changer de syndicat pour avoir le contrat collectif du syndicat de la construction et le Ministère a accepté. Quand nous sommes revenus à l’usine, nous avons tenu une assemblée avec les travailleurs : ils ont approuvé notre proposition, mais l’entreprise l’a rejeté en prétextant que ce serait un syndicat de la construction alors que l’entreprise est une commerciale et non pas de la construction. LR : Quels sont vos projets ? Gustave Briceno : La décision de la nationalisation nous donne beaucoup d’espoir, on ne reviendra plus en arrière. Nous retournerons dans la rue si besoin. Nous voulons faire une assemblée générale avec les travailleurs de toutes les cimenteries (CEMEX, HOLCIM, LAFARGE) pour y faire nos propositions. En ce sens, les travailleurs vont se mettre en relation avec les ouvriers des autres usines nationalisées sous contrôle ouvrier et avec FRETECO pour apprendre : leur expérience leur sera très utile pour partir sur de bonnes bases. |