L’ “American Security Council” a laissé une large traînée de sang.
Ecrit par Carlos Martinez   
02-10-2007

L’organisation qui a financé Ben Laden fait la promotion d’un documentaire qui accuse le Venezuela de refugier des terroristes.


Le Conseil de Sécurité Américain (ASC – American Security Council) est une organisation créée en 1958 par des ex-agents du FBI, consacrée à la recherche et à la delation de gauchistes. Ses premiers fonds ont été apportés par Motorola, Lockheed, Boeing et Général Dynamics, entre autres .

Durant les années 80, ses membres ont soutenu activement l’élection de Ronald Reagan, avec qui ils avaient par ailleurs déjà été en contact durant la période de « chasse aux sorcières de Mc.Carthy ". L’ancien président et acteur était  en effet le porte-parole de la « Croisade pour la Liberté »  (Crusade for Freedom).
Sa fonction d’alors était la récolte de fonds provenant d’immigrés d’Europe de l’Est qui fuyaient le communisme. Cet argent était ensuite transféré aux nazis, fascistes et oustachistes membres du Bloc Antibolchevique des Nations (Anti-Bolshevik Bloc of Nations - ABN).
L’ABN a fusionné en 1967 avec la Ligue Anticommuniste des Peuples d’Asie (People's Anti-Communist League - APACL) dans le but de créer la Ligue Anticommuniste Mondiale (World Anti-Communist League - WACL).
Cette dernière est responsable des plans Phoenix (1968-1971) et Condor (1976-1977),  qui sont eux à l’origine de l’assasinat de milliers de personnes suspectées de sympathie pour les thèses socialistes et communistes dans le sud-est asiatique et en Amérique Latine.

Après le triomphe éléctoral de Ronald Reagan, le général nord-américain John Singlaub a été nommé président de la WACL et co-président de la ASC. Cette dernière, devant la présence de troupes de l’Union Soviétique en Afghanistan, a financé une ramification de la WACL : le Comité pour un Afghanistan Libre (Committee for a Free  Afghanistan) qui siégera à la « Heritage Foundation ».
Sous l’impulsion du directeur de la CIA William Case, le comité a apporté une aide logistique directe aux « combattants de la liberté ». Cette assistance a été administrée par Osama Ben Laden  lui-même.
Ces années là, les Mudjaidins n’ont pas hésité à s’attaquer à des cibles civiles. Ainsi, ils ont utilisé des armes biologiques dans un attentat terroriste contre une école de femmes à Kaboul.

Outre le financement de ces groupes, la ASC et le WACL ont également financé des activités terroristes aux Philippines, au Nicaragua Sandiniste, au Guatemala et au Salvador.
Après le scandale de l’Irangate, la WACL a été dissoute tandis que la ASC a, quant à elle, survécu.

Selon le site web de l’ASC, cette organisation se consacre à la formation d’étudiants post-gradués de l’Université de Georgetown (José Maria Aznar, membre du Trio des Açores et ex-Président Espagnol, y enseigne).
En parallèle au travail d’instruction et de financement de groupes terroristes d’extrême droite du monde entier, la fondation déclare que son but est d’ « éduquer et informer le public américain de la menace chaque fois plus grande du communisme ».

Après la chute de l’URSS, l’ASC s’est concentré sur les cas Venezuelien et Cubain.
La première action pour « informer » le public nord-américain a été l’édition d’un documentaire sur le Venezuela « Crisis in the Americas »,  qui a été distribué aux citoyens ayant délesté leur portefeuille d’une donation oscillant entre 25 et 10.000 dollars ! (déductible fiscalement, selon l’annonce du site web)

Selon la fondation d’extrême droite, il y a derrière ce documentaire « des mois de production, au cours desquels l’ASC a pu compté sur le soutien de membres du Congrès, de professeurs et d’ex-fonctionnaires du Gouvernement des Etats Unis ; dont Otto Reich ». Ce dernier est connu pour avoir protéger des terroristes d’origine cubaine, condamnés pour délit de sang, tels que Orlando Bosh et Luis Posada Carriles.
Cependant, si  le trailer du documentaire accuse le Venezuela d’abriter toutes sortes de terroristes (islamistes inclus), il n’apporte aucun témoignage relevant, ni document graphique pour appuyer ses dires, mis à part quelques dessins simplistes confectionnés sûrement par des étudiants en stage.

www.rebelion.org publié le 20-09-2007