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"A Vive TV, le journaliste ou le cinéaste engagé réalise son rêve: par son travail il commence à changer la réalité" avoue Ronnie Ramirez. Ronnie est cinéaste belgo-chilien et collaborateur de Vive TV. Il a animé de nombreux ateliers de cinéma dans les quartiers populaires du Venezuela. Ce n'est pas sans émotion qu'il fait partager à une salle comble son expérience concrète des changements révolutionnaires sur le terrain des médias. Avant que les près de 70 participants (dont plusieurs membres de l'ambassade) écoutent Ronnie, ceux-ci ont pu assister à la première en Belgique du documentaire 'Vive TV, quand la révolution se fait télévision'.. En à peine 52 minutes ce documentaire réalisé par un collectif de travailleurs de la nouvelle chaîne publique zappe sur les réalisations de ce média hors du commun.
Cette projection-débat est le résultat d'une initiative commune de la campagne 'Pas Touche au Venezuela' de Bruxelles, d'Izquierda Unida et du centre culturel Federico Garcia Lorca. Une deuxième projection cette même semaine organisée par la Casa de America Latina a également fait salle comble.
Le docu montre très bien comment le processus révolutionnaire au Venezuela bouscule les anciens concepts de journalisme télévisé. "Le journaliste est d'abord un travailleurs social" affirme un membre du personnel de Vive TV. Ce media révolutionnaire de masse s'adresse et fait prendre la parole aux vrais moteurs de la révolution c'est à dire: les communautés locales, les paysans, les pêcheurs, les mineurs, les femmes, les travailleurs, les jeunes, les indigènes, les handicapés, les soldats.
Quand une équipe de Vive TV prépare un documentaire, une info télévisée, elle conçoit tout le projet avec les communautés concernées. Les travailleurs apprennent à manier une caméra, la paysanne apprend à cadrer, l'indien apprend à parler devant une caméra, le pêcheur monte les images avec l'aide des techniciens.
Un travailleur de Venepal, l'usine à papier expropriée et nationalisée sous la gestion des travailleurs, explique que grâce à Vive TV leur occupation à reçu un retentissement national. Un véritable appui qui a rendu possible sa nationalisation en 2005.
Ce qui fera dire à Ronnie. "Sur Vive TV on voit comment les ouvriers de Inveval sont capables d'autogérer leur entreprise. Qu'est que j'aimerais pouvoir montrer cela aux ouvriers de VW à Forest!".
La télévision est devenue un instrument des luttes sociales. Tout les secteurs du profond mouvement venu d'en bas ont leur 'programme' sur Vive, même les soldats!
Parfois une anecdote raconte plus que de longs discours. "Oui, parfois du matériel est volé quand une équipe de Vive TV s'installe dans une communauté. Des caméras disparaissent parfois. Mais à chaque fois la communauté la retrouve et nous la rends. Cela en dit long sur la relation entre les communautés et Vive TV."
La composition de l'équipe de Vive TV est à l'image de la révolution, majoritairement féminine et jeune.
Le rapport entre ces changements médiatiques et le socialisme dit Ronnie a été débattu lors d'un récent congrès international au mois de décembre à Caracas. "Est-ce que cette expérience de Vive TV et des centaines de médias locaux et communautaires est compatible à terme avec un secteur privé contrôlé par les magnats tels que Don Cisneros, le Murdoch du continent?".
Ronnie dit ne pas encore avoir de réponse à cette question. Mais il dit qu'elle est vivement débattue.
En réalité la question des médias publics n'est pas séparable de la question des usines expropriées, des coopératives et de toutes les réformes sociales au Venezuela.
A notre avis, elle illustre le formidable potentiel de changement et d'amélioration du quotidien des masses pauvres. Mais aussi longtemps que le secteur privé, c'est à dire le secteur capitaliste n'est pas soumis à la volonté démocratique de la majorité des travailleurs des villes et de la campagne, elle continuera à menacer toutes les avancées révolutionnaire. La meilleure façon de garantir cela, est de les exproprier - donc aussi les medias privés - de les nationaliser et de transférer leur gestion et contrôle à tous les travailleurs.
Cette activité, la deuxième de Pas Touche au Venezuela à Bruxelles depuis le début de l'année, est un nouveau petit pas dans la solidarité.
La collecte pour assurer le financement de la campagne a rapporté plus au moins 63 euro. Plus de 40 personnes ont aussi laissé leurs coordonnées afin d'être mis au courant des nouvelles activités. Certaines se sont même dites prêt à donner un coup de main.
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