les autorités suspendent 60 policiers et demandent la destitution des juges
Ecrit par Thierry Derone   
02-02-2009


Après les assassinats de deux travailleurs qui occupaient l´entreprise Mitsubishi de la Zone Industrielle de Barcelone, le Gouverneur de l'État Tarek William Saab a suspendu 60 policiers en souhaitant qu´une fois l´enquête terminée, des sanctions sévères soient prises contre les auteurs de ces violations des droits de l´homme, qu´ils s´agisse des policiers ou de leurs supérieurs.

Ce gouverneur (bolivarien) s'est déclaré solidaire des familles des victimes des ouvriers José Marcano (36 ans) et Pedro Suárez (24 ans) et a décidé d´allouer une pension à leurs familles. "J'exhorte les autorités juridiques compétentes à écarter de leurs fonctions les juges Lourdes Villarroel et Diana Vásquez qui ont mené cette expulsion sans recourir a la négociation" a déclaré le gouverneur qui avait en vain demandé par téléphone aux juges d´interrompre l´expulsion. Il a par ailleurs exigé de la direction de l´entreprise des explications sur ce qui s´est produit jeudi après-midi.


Depuis le 12 janvier 2009, plus de 200 travailleurs occupent l´entreprise l´entreprise Mitsubishi pour exiger le paiement de salaires en retard et la réintégration de 135 travailleurs du sous-traitant Induservis. Ces meurtres ont été perpétrés lorsqu´une juge a fait appel a la police régionale pour expulser par la force les travailleurs.
Le Ministère du Travail, qui a envoyé sur place une commission spéciale, a dénoncé les actions violentes des policiers. "Nous condamnons l'utilisation de la force dans des conflits du travail alors qu´ils peuvent être résolus à la table de négociation" a déclaré le ministre (communiste) Robert Hernández. Le président de la Commission Énergie et Mines de l'Assemblée Nationale, Angel Rodriguez a déclaré que cette expulsion constitue une violation flagrante des Droits de l´Homme et n´a pas écarté des mesures politiques contre les dirigeants de l´entreprise japonaise.

De son côté, le président du Syndicat Nouvelle Génération de Travailleurs de Mitsubishi (SINGETRAM), Félix Martínez, a exigé que la justice intervienne dans cette affaire. L'Union Nationale de Travailleurs (UNT) d'Anzoátegui a réalisé hier une conférence de presse dans le but de dénoncer les assassinats. Luis Serrano, porte-parole de l'organisation a exprimé son indignation face aux agissements de la police régionale et des juges qui ont refusé de résoudre le conflit de travail. Le secrétaire général du Syndicat Unique d'ouvriers et Professionnels de l'Industrie de la Construction,Voirie et Dérivés, Miguel Quiroz, a manifesté la solidarité du syndicat pour les travailleurs de Mitsubishi et les familles des victimes.

Thierry Deronne
Vicepresidencia de Formación Integral
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