| Aznar et la FAES en Amérique Latine |
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| Ecrit par Rebelion | |
| 15-04-2008 | |
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La Fondation pour l’Analyse et les Études Sociales (FAES) a terminé récemment un travail collectif dont les créateurs sont les dirigeants du Parti Populaire espagnol (PP) et les têtes pensantes d’entreprises espagnoles ayant des intérêts en Amérique Latine, comme les banques BBVA, Santander ou encore le groupe ENDESA, une entreprise active dans le secteur énergétique. Il s’agit là d’une vision élaborée avec l’aide de membres de « think-tank » comme le Real Instituto Elcano, la Konrad-Adenauer-Stiftung, de groupes et personnages significatifs des milieux académiques, journalistiques et diplomatiques de la droite latinoaméricaine.Entre ceux-ci se démarquent : Manuel Espino Barrientos, président du PAN de Mexico; Belisario Betancourt et Andrés Pastrana, anciens présidents de la Colombie; Carlos Tuleda, secrétaire exécutif des Affaires Étrangères du Parti Démocrate Chrétien du Chili; Sebastián Piñera, président de la Fondation « Futuro de Chile »; Adalberto Rodríguez Giavarini, ancien chancelier d’Argentine, Marcela Prieto Botero, directrice exécutive de l’ Institut de Sciences Politiques de Colombie; Luis Cordero Barrera, Vice-recteur de l’ Université Andrés Bello du Chili; Diana Sofía Giraldo, doyenne du département de Communication de A ce tableau pléthorique s’ajoutent des journalistes comme Julio Cirino et Carlos Pagni d’Argentine, Plinio Apuleyo de Colombie et des assesseurs politiques comme le bolivien Sarmiento Kohlenberger. Mais les contributions les plus intéressantes proviennent d’intellectuels « amis » comme Enrique Krause, Carlos Alberto Montaner, Jorge Edwards ou Álvaro Vargas Llosa. Fort de ce soutien, les politiciens et assesseurs espagnols se sont réunis occasionnellement dans la rue Juan Bravo (siège de la FAES), dissimulant, sous couvert de conférences ayant trait à des sujets plus anodins, les travaux façonnant le texte collectif.En d’autres occasions, le groupe a opté pour les locaux du Parti Populaire situés rue de Gênes, où le travail s’est souvent prolongé jusqu’aux petites heures du matin… L’objectif avoué du texte est de développer la politique étrangère de la FAES en subordination à celle des Etats-Unis, telle que décrite dans le document « OTAN, une alliance pour la liberté ». Deux figures emblématiques du PP et de la FAES ont été appelées pour mener à bien cette tâche: Miguel Ángel Cortés, ex-secrétaire d’État de la Coopération internationale et pour l’Amérique Latine, et Guillermo Hirschfeld, coordonnateur de programmes pour l’Amérique Latine de la FAES. Les travaux de préparation de la proposition du texte se sont étalés durant toute l’année 2006 et ce n’est qu’en février 2007 que le rapport final « America Latina. Una agenda de libertad » (Amérique Latine. Un agenda de la liberté) a été rendu publique. Postfacé par José María Aznar, le président du FAES, le document n’aura finalement coûté « que » la modique somme de 1 million d’euros, répartie entre voyages, consultations, conférences et autres activités annexes. Il démontre la volonté de la droite espagnole, de ses alliés latino-américains et des partis conservateurs européens d’initier une seconde révolution libérale dans le continent.Le périple d’Aznar en Amérique Latine s’inscrit dans la même logique ; ses cours sont un compendium de ce nouveau vade-mecum. De la rhétorique déployée par ce dernier naît un manuel pensé. Analysons-le… A la suite d’une présentation dudit document (que nous n’aborderons pas), se trouve une brève introduction où les auteurs mettent l’accent sur le caractère hétérogène de la région.Générique dans ses propositions, cette partie explique l’utilisation du terme Toutefois, le plus important est bien sûr le contenu des trois chapitres qui suivent : I. L’Amérique Latine et l’Occident ; II. Où en sommes-nous ? ; III. Un agenda de la liberté et du progrès. Tandis que le premier chapitre ne possède pas de sous-section, le deuxième se subdivise en un volet politique et un économique, le troisième est une somme de propositions dans lesquelles une place importante est réservée aux perspectives de Cuba. Les points de ce troisième chapitre sont (en outre de la problématique cubaine) : · politiques institutionnelles pour un État de droit effectif ; · croître pour augmenter le bien-être ; · éducation et culture : les bases pour une économie du savoir ; · intégration : un objectif à géométrie variable ; · les Etats-Unis : un acteur incontournable, un agent promoteur ; · l’Union Européenne : exportation de la sécurité et de la démocratie ; · l’Espagne : la construction de la communauté ibéroaméricaine. Le texte se clôture avec un aparté de conclusions. Avant d’entrer dans le vif du sujet, voyons sur quelle base la logique argumentaire du rapport s’est construite : « L’Amérique Latine est une part substantielle de l’Occident. Cette affirmation est capitale pour penser le futur de l’Europe (…) L’Occident n’est pas un concept géographique. L’Occident est un système de valeurs en vigueur dans une société. C’est une culture (…) Il ne s’agit pas de l’expression de l’esprit d’un peuple, ni d’un patrimoine exclusif. Les valeurs occidentales sont universelles (…) Cependant, il ne faut jamais oublier que l’Occident n’est pas une conquête assurée pour l’éternité. De fait, il y eut de terribles régressions dans la barbarie et la sauvagerie dans les pays qui ont contribué à façonner l’Occident ». Et dans notre continent européen existerait « une gauche antioccidentale (…) Fidel Castro était sa première référence (…) Mais le chavisme a pris le relais du castrisme agonisant. Chávez, en tant que leader émergeant, tente de forger une alliance antisystème dont l’objectif est l’implantation du socialisme du XXIe siècle en Amérique Latine ». Maintenant, procédons par parties. La mise en évidence de l’ « appartenance » de l’Amérique Latine à l’occident est la base de la construction du projet de la droite espagnole. Nous sommes ici face à une proposition politique. Selon les auteurs de l’agenda pour la liberté, ce document est un diagnostic qui définit des problèmes, observe des menaces et propose des opportunités pour le futur du sous-continent. C’est une étude prospective des forces politiques. De ce point de vue, la définition de l’occident a une importance considérable La première étape du raisonnement est simple : l’occident est un système de valeurs.Lesquelles ? Pour la droite, trois facteurs viennent appuyer cette construction : · les idées issues de la Grèce Antique, supérieures à celles provenant de la monarchie d’origine religieuse ou magique, la naissance de la « polis » et de l’ « agora », la distinction entre l’ordre naturel et l’ordre social, la notion de la similitude, de l’égalité devant la loi et l’idée de la liberté ; · les apports de Rome. Le droit, essentiel pour l’humanité, délimitant la propriété et qui « permet d’individualiser la vie, la propriété ne se confondant plus au magma communautaire ». Par ce biais, naît l’idée d’un droit supérieur, parfait et immuable, un droit naturel dont le droit positif ne serait qu’une émanation ; · les valeurs issues de la tradition judéo-chrétienne « dont la valeur essentielle qui nous intéresse est l’idée de la compassion, un concept qui va au-delà de la justice propre à la tradition romaine… », où s’unissent « le récit biblique de la création qui fait de tous les hommes des frères ; l’idée du temps linéaire et non-circulaire qui rend possible l’idée de progrès ; l’idée essentielle de la dignité de l’être humain, idée universelle ». Ce sont ces trois facteurs cumulés qui « permette d’universaliser le commandement « tu ne tueras pas » et que celui-ci ne soit pas la propriété exclusive des Juifs. Il s’agit d’un fait nouveau par comparaison aux autres civilisations. Valable pour l’ancien et le nouveau testament ». Ces trois piliers sont utilisés par les auteurs pour définir l’idée de l’être humain. C’est également sur base de ceux-ci qu’ils projettent et créent (grâce à un tour de passe-passe) un régime censé synthétiser ces idéaux : la démocratie libérale. Ce type d’organisation politique, prétendent-ils, définit l’Occident. Dans ce système les dirigeants politiques sont élus ; l’Etat de droit limite les décisions ; le droit à la vie est garanti ; l’égalité devant la loi, la liberté de réunion, d’association et de culte, la tolérance et le pluralisme sont protégés De même, ce régime défend le développement de la pensée scientifique, critique et rationnelle. Sur le plan économique, l’économie de marché « reconnaît la capacité d’entreprendre et de faire du commerce, comme des facteurs de pluralisme et initiative ». Grâce à ces attributs, l’Occident devient un patrimoine de l’humanité, en s’élargissant tout au long de l’histoire. Par conséquent, « L’Amérique Latine est le fruit historique de cette expansion produite à la fin du XVe siècle. L’aspect le plus important de cette incorporation, selon l’idée de l’Occident, fut l’expansion du christianisme.Mais la prétendue suprématie de la civilisation occidentale devant d’autres civilisations serait menacée par ceux qui désirent ramener l’Europe dans le « magma » communautaire, sauvage, barbare. Et si en Amérique Latine « il y eut dictatures (totalitaires ou non) et répression (…) il s’agit (néanmoins) de périodes limitées dans le temps (…) l’aspiration étant toujours le retour aux gouvernements démocratiques ».Sur ce principe, les auteurs emphatisent : le processus d’insertion de l’Amérique Latine à l’Occident a été imparfait et incomplet, mais par son histoire et pas sa tradition, par sa contribution à la création, à la pensée et la culture, le continent latino-américain fait partie intégrante du monde occidental. Cependant, le temps est venu de donner une impulsion afin d’éviter une nouvelle chute dans la sauvagerie, l’incorporation de l’Amérique Latine à la « modernité » passerait donc par l’ « agenda pour la liberté ». La rédaction présente ensuite un cadre dont l’objectif est de montrer les menaces contre l’accomplissement de ses objectifs politiques. Ils affirment : « Pendant le dernier tiers du XX siècle, il y avait des raisons pour que l’Amérique Latine ait confiance en elle ». Cet argument est quantitatif, il se base sur des indices (éducation, santé…). Ces résultats étaient comparables, selon les auteurs, à ceux des pays développés durant les années 80.Les institutions politiques, le processus d’industrialisation et de modernisation de la région se sont renforcés pendant les années 50 et 60, mais, à la différence d’autres zones de l’Occident, ce processus s’est ensablé à l’heure de créer des conditions de bien-être et de qualité de vie. Ce fut le prétexte pour la propagation de mouvements révolutionnaires, ce qui généra des coups d’Etats militaires. Heureusement, selon les auteurs, pendant les années 80 les accointances « avec l’anomalie irritante de Cuba » cessèrent. Ce changement s’accompagna « du discrédit du nationalisme économique basé sur le protectionnisme commercial, la substitution des importations et l’hypertrophie du secteur public. Ceci avec l’appui du FMI et de la BM, qui soutinrent les réformes libérales pendant les années 90, malheureusement, appliquées de manière partielle et insuffisante, tout comme le consensus de Washington » Selon la droite espagnole, c’est cette dernière circonstance qui permet de réhabiliter « les partis et mouvements qui font appel aux émotions avant la raison pour obtenir le soutien populaire ». C’est le discours « vieux et fallacieux du nationalisme économique, de la logique anti-impérialiste, qui se présente comme historiquement victimes, adepte du racisme inversé et niant la racine européenne des sociétés américaines ». En outre, ces mouvements ne sont pas viables ; ils sont ancrés à des formules qui ont échoué et sont étrangers à la tradition libérale latinoaméricaine. « Si elle prête crédit à ces mirages et si elle abandonne les efforts réformateurs, la région court le risque de rater un autre train vers la modernité ».Il faudrait approfondir les réformes libérales et promouvoir les valeurs occidentales avant qu’il ne soit pas trop tard, le problème est grave. Bien que « les régimes démocratiques se généralisent, persistent les problèmes liés à l’instabilité politique, à la fragilité démocratique et à la méfiance vis-à-vis des institutions ».Dans ce contexte se cache la menace collectiviste, « mouvements (parce qu’on ne peut pas les qualifier de partis politiques) héritiers de groupes révolutionnaires, qui proclament leur adhésion aux doctrines de la gauche radicale du XXe siècle… »Identifier l’ennemi de l’Occident est donc une nécessité. Si « Fidel Castro tenta de créer un bloc idéologique contre les démocraties occidentales pendant la guerre froide, il échoua après la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui Chávez prend la relève et crée l’alliance antisystème dont le but est l’implantation du socialisme du XXIe siècle ». Le projet contre l’Occident est formé par l’indigénisme ; le néoétatisme ; le nationalisme ; le militarisme et le populisme. Ensemble ils créent une proposition où « priment les supposés droits collectifs devant les droits individuels, subordonnant l’individu au bénéfice du groupe ethnique, syndical ou de classe ».Selon l’Agenda « l’indigénisme devient pour l’Amérique Latine ce qu’est le nationalisme pour l’Europe (…) Les deux concepts mettent en question les Etats nationaux modernes (…) L’indigénisme substitue le concept de citoyen d’une république par celui de l’appartenance à une communauté ethnique, le nationalisme européen cherche des formules identitaires d’exclusion (…) Tant les indigénistes américains que les nationalistes européens faussent l’histoire, sur le terrain économique ils utilisent la revendication de supposés droits historiques comme instruments de protection économique ». D’un autre côté, « le néoétatisme est une menace idéologique parce qu’il accuse le néolibéralisme de tous les maux de la région. Son application est un retour au passé car ses politiques économiques ont déjà échouées ».Pour ce qui est du populisme, Enrique Krause (un des auteurs de l’agenda, Note de la traduction) se pose en gourou conceptuel. Il décrit le populiste comme étant un leader démagogue, charismatique, flatteur du peuple, arbitraire, adepte du culte de la personnalité, appartenant à un parti ou un mouvement et contrôlant les moyens de communication.Est-ce qu’Enrique Krause pensait à Aznar, Fox, Bush, Berlusconi, Fujimori en relevant ces caractéristiques ? Par rapport au nationalisme populiste, l’agenda considère l’anti-impérialisme des Ce nationalisme populiste de Chavez réhabilite Fidel Castro dans la lutte contre l’Occident, et est considéré par les rédacteurs comme « une ingérence pure de l’internationalisme prolétarien qui intervient dans la région sous la formule du populisme révolutionnaire ». Pour les auteurs, ceci suppose une alliance antisystème, ennemie de la globalisation, dont les membres élaborent une théorie de la conspiration. « Il s’agit de frustrés qui concentrent leur ire, leur perversion antioccidentale et anticapitaliste (…) Ils agglutinent la gauche qui échoua en mai 68, ceux qui acclamaient le communisme et qui aujourd’hui regardent avec satisfaction la pulsion antioccidentale de l’islamisme djihadiste, des altermondialistes (…) et les différentes manifestations de l’indigénisme, du populisme et du fanatisme religieux. Leur ennemi commun : l’Occident. »Cette alliance n’est pas uniquement théorique, « Il y a coïncidence d’action entre le Venezuela, l’Iran et la Syrie (…) L’Europe doit comprendre que l’Amérique Latine est plongée dans la menace d’Al-Qaeda et le djihad ». C’est d’ailleurs sous ce nouveau terrorisme que se cache l’alliance anti-système du socialisme du XXIe siècle. Ils profitent du déficit institutionnel et de la fragilité démocratique pour mener à bien leur plan. Cette situation est également due à deux situations aggravantes : « les doctrines cepalistes et le populisme avec ses bureaucraties parasitaires qui entravent les libertés » et « l’application partielle, après des élections libres, de politiques libérales ». Selon les auteurs du document, la culpabilité en incombe aux détracteurs de l’économie de marché qui cherchent la restriction des libertés. Parmi les populistes et les néo-étatistes, il faut ajouter les théologiens de la libération et les partisans de l’idéologie du paupérisme. « (…) ennemis de la liberté, qui tentent de convaincre, à travers d’arguments fallacieux, que le capitalisme, les intérêts étrangers et la globalisation génèrent la pauvreté, alors que c’est tout le contraire qui se produit (…) c’est l’idéologie du paupérisme… ».Et de continuer « Il n’existe aucune expérience où l’on ait fait reculer la pauvreté en faisant fuir le capital et les entrepreneurs (…) On ne peut pas dire le fortuné est mauvais (…) Jésus était pauvre aussi ». Au contraire, ce serait l’absence de liberté économique, l’insécurité juridique des investissements, l’affaiblissement du droit de propriété, l’absence de législations et de reconnaissance en faveur du capital et d’un bon « pacte de la Moncloa »[1], le tout couplé à une violence structurelle, qui empêcheraient le progrès. Selon le document, ce dernier aspect serait un des facteurs clés, la violence entravant les libertés, limitant la croissance économique et gênant le fonctionnement de la démocratie. Selon Cortés et Hirschfeld, il s’agit d’un polyèdre qui encourage la déliquescence, où se retrouvent délinquance des rues, bandes organisées, terrorisme, narcotrafiquants, preneurs d’otage et impunité criminelle, ceci par la faute d’un système pénitencier en crise. L’Amérique Latine serait un océan de corruption, de démocraties immatures, manquant de leadership et victimes de rivalités nationalistes. L’Europe, ajoutent-ils, est un miroir où regarder et le passé ibérique également, l’Espagne aurait apporté l’unité et les liens institutionnels et culturels qui manquaient à la région. Dans cette logique, il existe un patrimoine historique et culturel, où l’éducation est fondamentale. Mais, actuellement, les problèmes viennent de la non-privatisation et de la non-compétitivité du système éducatif, empêchant la région d’être à la hauteur des besoins de l’économie de marché. Leur thèse pour expliquer la crise de l’éducation pointe du doigt « l’inefficacité dans l’administration, des maigres ressources destinés à l’éducation, l’absence de capacitation et d’engagement des enseignants, la qualité déficiente des méthodes d’enseignement et, surtout, le niveau très bas des élèves ». En parallèle, ils se déclarent défenseurs de l’intégration des langues européennes en Amérique Latine (anglais, espagnol, français et portugais) et méprisent les langues aborigènes. Les auteurs concluent « Pendant 500 ans, les langues aborigènes ont survécu en coexistence avec l’espagnol. Peu d’entre elles ont atteint un poids démographique (…) ». Ainsi, préserver ce patrimoine, selon leur point de vue, ne devrait pas supposer l’apprentissage des langues aborigènes ni reconnaître des droits collectifs parce que cela « suppose une menace vers l’ordre constitutionnel libéral et les droits individuels des propres membres des communautés ». Sous l’épigraphe « Un agenda pour la liberté et le progrès » commencent les propositions pour favoriser l’unité et les valeurs « entre les partis de centre droit (libéraux, Le PP Européen (…) est un bon exemple qui démontre comment l’union d’affinités est capable de faire triompher des idées et valeurs partagées. Les partis politiques de centre et de centre-droit d’Amérique Latine doivent s’ouvrir à des nouvelles formes de coopération, avec un degré d’intégration plus important (…) ». Leur but, configurer un parti populaire régional avec un programme unique, rassemblant le PAN au Mexique, « Democracia Cristiana » et « Renovacion Nacional » au Chili, « AD » et « COPIE » au Venezuela, « Partido Blanco » et « Partido Colorado » en Uruguay, « Asociacion Nacional Republicana » et « Partido Liberal » au Paraguay …La base de cette alliance est l’acceptation des principes de l’économie de marché et de ses institutions, des règles du droit à la propriété privée, des contrats et de la libre concurrence. « En Amérique Latine, la prospérité économique arrive uniquement par l’initiative privée, garante de prospérité et de liberté ». La conclusion : le populisme agresse les droits de propriété et est un danger pour la liberté individuelle. « Les Etats populistes et le socialisme du XXIe Siècle attaquent le droit de propriété sans distinction entre citoyens et entreprises nationales » Pour continuer, l’intervention de l’Etat dans l’action sociale brise l’équilibre entre ce qui est public et ce qui est étatique. « L’intervention directe ne figure pas dans les fonctions de l’Etat, au contraire de qui est préconisé par ces secteurs néo-étatistes ».Le summum de la réussite pour les contribuables et les consommateurs serait, selon ce point de vue, la privatisation et l’instauration de la TVA comme impôt unique. Les rédacteurs proposent même un pourcentage de 15%. Dans cette même logique, les auteurs soulignent que « l’Amérique Latine a beaucoup à perdre, parce que le protectionnisme répond uniquement aux intérêts des minorités (…)
Il faut profiter de la créativité, matière première abondante, pour ensuite tirer parti et fonder un « marché culturel transatlantique, basé sur les goûts et les traditions culturelles partagés et éliminer les obstacles au marché (…) au même titre que dans d’autres secteurs de l’économie, la coopération ibéro-américaine devrait éviter l’encouragement ou la justification de politiques qui visent le contrôle de la vie culturelle des citoyens ou qui conditionnent leur liberté de choix, sous le prétexte de la défense de la diversité (…) La diversité est un trésor en Amérique Latine ». Bien que précédemment on situait la liberté de choix comme inhérente à la globalisation.
Le document expose, par la suite, ses propositions d’intégration hémisphérique, latinoaméricaine, subrégionale et ibéroaméricaine. Le premier point abordé dans cette partie est la question de la sécurité, dont l’exercice revient naturellement aux Etats-Unis, acteur irremplaçable selon les rédacteurs. Les USA sont en effet un pays ayant « une volonté sans cesse démontrée de défense de la démocratie, de la liberté et des droits fondamentaux (…) garant des valeurs partout dans le monde » (…) (rôle) qu’ils ont par ailleurs démontré lors de leur engagement dans la guerre au Moyen -Orient » La contrepartie du pouvoir accordée aux USA devrait être le développement d’un plan Marshall d’investissements privés et discriminatoires concernant uniquement les pays liés par des Traités de Libre Commerce (TLC), ceux ayant une sécurité juridique suffisante et ceux en accord avec les principes de la ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques).
Dans cette optique, l’Union Européenne doit appuyer les USA dans la consolidation de leur place dans la région. Elle est « un pouvoir souple capable d’influer par l’exemple et la coopération ».Le rôle de l’Espagne se situe dans la construction de la communauté ibéroaméricaine. Elle doit être un interlocuteur de premier choix et renforcer l’alliance atlantique. « Nous ne pouvons pas nous permettre un rapprochement avec les régimes populistes tels que celui du Venezuela ou d’autres. Une telle option discréditerait le leadership espagnol dans le monde » Il faut donc garder une attitude ferme dans les réunions aux sommets et être capable d’affronter le socialisme du XXIe siècle. Dans le dernier chapitre « Perspectives cubaines » les auteurs signalent que : « la disparition de Castro est inévitable, mais son entêtement idéologique et sa force physique laissent obsolète tout scénario ». Ils ajoutent, que le président cubain a recomposé l’alliance révolutionnaire avec le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur, avec l’aide bienveillance d’autres gouvernements populistes comme ceux de la Chine et de l’Inde et la passivité de l’Union Européenne. « Ceci nous oblige à repenser la politique d’intervention, surtout parce que le problème cubain fait partie de la politique de sécurité nationale des USA. Pour ces raisons, l’Espagne doit « recomposer» la relation entre l’Union européenne et les USA afin de pouvoir travailler dans le dialogue inter-cubain ».
Leur objectif est la création des conditions pour déstabiliser l’ordre politique par la « création d’une fondation José Marti, financée par des investisseurs privés et des organisations internationales, et dont le but est de venir en aide à l’opposition et d’éviter le risque d’un nationalisme populiste après la chute du régime. Le rôle de l’Espagne sera inefficace si elle renonce (…) à collaborer avec les USA ».
Finalement, dans le chapitre des conclusions, les auteurs présentent leurs prédictions particulières : « L’Amérique Latine se trouve devant un choix fondamental : elle doit choisir entre la liberté et l’autoritarisme démagogique (…) Adopter l’agenda de la liberté est la manière la plus sûre d’initier la route vers le progrès, la liberté et la modernisation…L’Occident demande l’incorporation pleine de l’Amérique Latine ».
[1] Le pacte de la Moncloa est un accord qui fut signé en 1977 en Espagne et qui marqua le retour très houleux à la démocratie. Ce texte signifia aussi une certaine « normalisation » des forces de gauche du pays. |



