| Bruit de bottes et rideau de fumée en Amérique latine |
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| Ecrit par Jean-Luc Mélenchon | |
| 08-03-2008 | |
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Le président colombien, Alvaro Uribe, essaie de détourner l’attention ducœur de l’affaire : la violation par l’armée colombienne du territoireéquatorien. Ce n’est pas une première.Les paramilitaires colombiens entrent au Venezuela assez régulièrement.Avec le lancement du « Plan Colombie », la Colombie est devenue coutumièredes incursions militaires chez ses voisins. Notamment via les groupesmilitaires conjoints avec les Etats-Unis. Ces incursions se sontmultipliées, officiellement au nom de la lutte anti-drogue. Une couverturefacile pour la répression politique ou les opérations purementmilitaires. Mais surtout il y a le contexte, l’arrière plan non dit. Colombie etVenezuela sont aussi en conflit frontalier sur le partage du golfe deMaracaïbo qui compte beaucoup de pétrole offshore. Les provocationsd’Alvaro Uribe permettent de préparer une utile diabolisation de Chavezavant d’éventuels conflits publics à ce sujet. L’annonce par Bush de son soutien total (brrrr!) à la « démocratiecolombienne » est ainsi tout un programme. Supposons que ce soit en hainedu Venezuela. Mais pourquoi ne rien dire du fait que l’Equateur, victimede l’intrusion militaire colombienne, est aussi une démocratie ! Enfinnotons ce qu’il en est de cette démocratie colombienne ! Uribe est élu àchaque fois à la faveur d’un climat de terreur qui conduit la majorité dela population à ne pas voter : 56 % d’abstention à la présidentielle de2006 où il l’a emporté avec 62 % des suffrages. Petite mention spéciale : AlvaroUribe n’a pas hésité à faire modifier laconstitution en 2004 pour pouvoir être réélu président en 2006 ! Cettepossibilité de réélection indéfinie était jusque là exclue dans laconstitution colombienne de 1991. Personne n’a rien trouvé à y redire auxEtats-Unis. Pourtant une proposition similaire a été violemment dénoncéechez Chavez et par nos robots médiatiques européens. Il est frappant de le voir dénoncer Chavez pour financement de la guérillaet autre sornettes douces aux oreilles des USA. La Colombie n’aevidemment pour l’instant apporté aucune preuve des accusationssensationnelles contre le Venezuela et l’Equateur. En matière definancements illicites ou douteux, le président Uribe ferait mieux d’êtrediscret. En 1991, un rapport officiel du Pentagone américain (rapport duDefense Intelligence Agency publié par l’hebdo Newsweek en août 2004)classait Uribe parmi la centaine de personnalités directement impliquéesdans le soutien au narcotrafic en Colombie. En tant que maire puisgouverneur puis sénateur de Medellin, il était alors décrit par lesEtats-Unis comme un « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dansla collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveauxgouvernementaux », « ami proche » du célèbre parrain de la drogue PabloEscobar.Le même rapport américain précisait au passage que, loin de la légendefamiliale de persécution par les FARC qu’Uribe reprend systématiquement,son père, Alfredo Uribe, a été « assassiné pour ses liens avec lesnarcotrafiquants ». Alvaro Uribe a obtenu que les Etats-Unis passentl’éponge en contrepartie d’un soutien indéfectible de la Colombie à leurpolitique impériale dans la région. Ce n’est pas tout. Comme gouverneurde Medellin, Uribe a aussi directement soutenu la mise en place desréseaux paramilitaires (Autodéfenses Unies de Colombie) qui terrorisent lepays. Il a contribué au climat d’impunité dont ils jouissent. A Medellinpuis au Sénat, il est devenu un spécialiste des « techniques de gestiondes conflits », notamment par la militarisation des populations civiles etle développement de la délation. Il a notamment soutenu le général«pacificateur», Rito Alejo del Río, commandant de la 17e Brigade, quis’est illustrée par de multiples exactions et massacres de masse. Voila ce qu’est la figure de proue de la « démocratie colombienne » ! Oupeut-on le lire où l’entendre ? Reste le résultat. L’assassinat du numéro 2 des FARC Raul Reyes fragiliseles possibilités de libération des otages. Dont Ingrid Betancourt.Alvaro Uribe manipule l’opinion internationale. Faut-il l’aider enlaissant dire ? http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=578 |



