| Révision, Rectification et Réimpulsion |
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| Ecrit par Sébastien Brulez | |
| 27-02-2008 | |
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Après la défaite du 2 décembre, un nouvel élan pour le processus bolivarien ? Début janvier, à peine un mois après la défaite lors du référendum sur laréforme constitutionnelle, Hugo Chávez annonçait sont intention de «réimpulser » le processus bolivarien afin de corriger les erreurs. Plusqu’un simple rejet de la réforme, la victoire du « non » et surtout letaux d’abstention sont à prendre comme une sonnette d’alarme envers unegestion dans bien des cas inefficace. Après neuf ans de gouvernement et àdeux ans de la définition du projet socialiste, la population espère enfinvoir se concrétiser les avancées du socialisme du XXIe siècle. « Révision, Rectification et Réimpulsion du processus révolutionnaire »,c’est la politique annoncée en début d’année par le président vénézuélien.Baptisée « la campagne des 3R », elle est la conséquence du résultat duréférendum du 2 décembre dernier. Malgré des avancées considérables dans de nombreux domaines, comme lefurent en 2007 la nationalisation des gigantesques réserves pétrolières dela ceinture de l’Orénoque, de la compagnie nationale de télécommunicationCantv, la consolidation et l’expansion de l’Alternative Bolivarienne desAmériques (ALBA) et de Petrocaribe, entre autres ; on tarde cependant àvoir se concrétiser sur le terrain des actions qui traduisent cettevolonté affichée d’aller vers ce fameux socialisme du XXIe siècle. Corruption, inefficacité dans l’exécution des projets,désapprovisionnement de certains produits de base et insécurité sont desthèmes qui déçoivent et qui ont certainement amené une partie de lapopulation à ne pas voter le 2 décembre. Si l’opposition joue un rôleactif dans certains de ces problèmes (comme l’accaparement de produits debase par les capitalistes nationaux qui empêchent leur distribution etfavorisent la spéculation), le gouvernement porte lui aussi une lourderesponsabilité par son incapacité à les résoudre. Le 11 janvier, lors de son rapport annuel devant l’Assemblée nationale, leprésident Chávez à lui même reconnu qu’il fallait en finir avec cedécalage entre « le discours du leader et les actions concrètes » qui sontmenées sur le terrain. Quelques jours avant, il avait annoncé unremaniement de son cabinet touchant 13 ministères. Peu de nouvelles têtessont cependant apparues à ces postes. Le PSUV enfin en congrès Le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), dont l’idée avait été lancéepar Chávez il y a un an, a commencé son congrès fondateur le 12 janvier.Celui-ci devrait durer environ deux mois. Après une campagne d’inscriptionmassive d’ « aspirants militants » (plus de 5 millions de personness’étaient inscrites en 2007), le congrès avait été reporté à plusieursreprises. Ce parti qui devrait normalement naître de la base a cependant déjà dufaire face à sa bureaucratisation avant même d’être officiellement créé.Les députés à l’Assemblée nationale ayant intégré le parti ont par exempledéjà conformé leur « bloc socialiste uni ». On peut se demander s’ils ontconsulté les « aspirants militants » à la base pour approuver cettedécision. De plus, avant même d’avoir élaboré le moindre statut ou lamoindre orientation idéologique, une commission disciplinaire était déjàcréée, laissant redouter que la bureaucratie et les vieilles pratiquesstaliniennes ne s’emparent du parti encore en gestation. Nouvelles élections en 2008 L’année 2008 sera de nouveau électorale. Dans le courant du moisd’octobre, les vénézuéliens seront appelés à voter pour élire lesgouverneurs des 23 états du pays, ainsi que les maires des différentesvilles et municipalités. S’il veut « réimpulser » le processus, Chávez devra pouvoir compter surl’appareil efficace que devrait être le PSUV. Et si celui-ci se formeréellement depuis la base, de nouveaux visages devraient apparaître sur lascène politique. Mais le Président à d’ores et déjà appelé les partis qui ne se sont pasjoints au PSUV à travailler conjointement pour la victoire. Le 11 janvieril déclarait : « Ensemble avec le PCV (Parti communiste du Venezuela), lePPT (Patrie Pour Tous) et les autres partis révolutionnaires etpatriotiques, nous devrons reformer un pôle patriotique pour remporter cesélections et montrer qui nous sommes ». Lors de la campagne électorale du dernier référendum, le PCV s’étaitplaint de l’inefficacité et de la dispersion dans la propagande en faveurde la réforme. « Chacun travaille dans son coin » avait alors déploréOscar Figuera, secrétaire général du Parti communiste. Cet appel àtravailler conjointement de Chávez semble être lui aussi une des leçonstirées du 2 décembre et l’un des axes de la « campagne des 3R ». Quoi qu’il en soit, 2008 sera plus que jamais une année clé pour leprocessus bolivarien. Une nouvelle défaite serait cette foiscatastrophique car l’opposition reprendrait le contrôle des niveaux depouvoir les plus proches de la population. Seule une victoire écrasante des partis soutenant le gouvernement seracapable de donner ce nouvel élan nécessaire au processus. Et pour quecelui-ci puisse se radicaliser, le mouvement populaire devra se réveilleret prendre la place qui lui revient sur la scène politique. En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informationsci-dessous:Source : Le Drapeau Rouge & La Voix du Sud, janvier 2008. |



