Chavez refuse le nouvel ambassadeur américain : un geste fort et juste Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Chris Lefebvre   
06-01-2012

Samedi, le président vénézuélien Hugo Chavez a confirmé lors d’une réunionson refus catégorique d’accueillir le nouveau diplomate américain LarryPalmer à Caracas. « M. Palmer n'entrera pas ici » a prévenu Chavez sans sourciller un seulinstant. « S'il vient, il faudra l'attraper à l'aéroport international de Maiquetia.

Nicolas (Maduro), tu lui apporteras un café de ma part et parla même occasion, bye bye » a-t-il, dans un humour sérieux, briefé sonMinistre des affaires étrangères avant d’ajouter : « Il ne peut pas entrerdans le pays ».Le Président, leader du PSUV, a précisé qu'il avait communiqué "par écrit"la position de son gouvernement à Washington.

« Nous leur avons dit qu'il ne vienne pas. Ils ne nous ont pas dit ce quilui a pris de manquer de respect au Venezuela, à un groupe de dignesgénéraux, au gouvernement, à la constitution. Comment va-t-il êtreambassadeur ? Il s'est lui-même privé d'accréditation » a-t-il estimé,faisant allusion au questionnaire rempli par ce dernier lors de sacandidature. Dans celui-ci, Larry Palmer avait affirmé que des milices colombiennes sévissaient dans le pays, que l’armée était sous l’influencede Cuba et que son moral était à zéro.
Larry Palmer, un ambassadeur au passé souillé Si les raisons données pour justifier cette interdiction de territoire selimitent à ce questionnaire, elles sont en réalité bien plus fondées. Eneffet,

Larry Palmer n’est pas un simple ambassadeur qui s’en tient à satâche diplomatique.

Lors de son passage au Honduras (2002-2005), cedernier avait fait pression – et même harcelé - le gouvernement afind’imposer le Traité de libre commerce, et d’accorder l’impunité auxsoldats américains ayant commis divers crimes de guerre sur le solhondurien. Il avait également habilement préparé le terrain àl’infiltration de la CIA dans le pays via l’USAID.

Pas étonnant donc que le Venezuela voit d’un mauvais œil la désignation dece personnage douteux par les Etats-Unis, accusés à de nombreuses reprisespar Chavez d’être derrière différentes tentatives de coups d’Etat et dedivisions contrôlées en Amérique du Sud afin d’ouvrir le continentpétrolier résistant à l’ultralibéralisme sacré de l’Empire.

Le renvoi des ambassadeurs, un geste symbolique et fort

Ce n’est pas la première fois qu’Hugo Chavez expulse, ou rappelle, unambassadeur. En 2008, il avait sommé l’ambassadeur américain à Caracas dequitter le pays, en soutien de la Bolivie, qui avait fait de même,accusant l’envoyé de Washington d’être à l’origine de la division et duséparatisme des provinces boliviennes. « Allez au diable, Yankees de merde! » allait-il scandé avec la présence et le charisme qui le caractérisent.En 2009, il avait également renvoyé l’ambassadeur d’Israël aprèsl’offensive à Gaza par l’Etat hébreux, qualifié alors d’ « assassin » etde « génocidaire ».

En renvoyant les ambassadeurs des pays qu’il combat, Hugo Chavez se livreà des opérations coup de poing ayant pour but de faire entendre sa voie etsa détermination dans le monde. Un geste symbolique et fort qui soulignela volonté du Président socialiste antilibéral de ne rien lâcher face àl’impérialisme et aux tentatives de déstabilisation, d’infiltration et dedivision menées par les Etats-Unis face à ces irréductibles résistantssudistes qui osent partager les revenus du pétrole avec le peuple plutôtqu’avec les élites mondialisées.

Source: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/chavez-refuse-le-nouvel-86204

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Hands Off Venezuela, 2007