| Venezuela : Guerre économique en perspective des élections législatives |
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| Ecrit par Alan Woods | |
| 12-09-2010 | |
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Si elle veut réussir, la révolution vénézuélienne doit aller à son terme, c’est à dire aller jusqu’à l’expropriation des capitalistes et des propriétaires terriens qui contrôlent toujours les deux tiers de l’économie du pays. Il s’agit d’un levier puissant dans leurs mains qu’ils utilisent pour organiser le sabotage économique afin de saper l’action du gouvernement. La droite réformiste qui constitue la cinquième colonne au sein du mouvement bolivarien tente de freiner la révolution. Et c’est là que réside le principal danger. Les prochaines élections législatives du 26 septembre prochain, représentent un sérieux défi pour l’avenir de la révolution bolivarienne. Dans les mois précédant ces élections, le Venezuela se trouve dans une situation très volatile. La contre-révolution est à l’offensive, en utilisant son pouvoir économique pour provoquer des pénuries alimentaires. Pour sa part, le gouvernement tente de résoudre certains des problèmes, mais les mesures qu’il a prises sont timides et ne vont pas au cœur du problème. Une grande partie du problème posé à la Révolution est le très fort ressentiment populaire contre la bureaucratie chaviste - c’est à dire les éléments qui ont rejoint le mouvement Bolivarien, non pour se battre pour le socialisme, mais pour faire carrière, et obtenir des contrats gouvernementaux lucratifs ou des emplois bien rémunérés. Cette couche, qui devient de plus en plus puissante, représente une véritable cinquième colonne de la bourgeoisie dans la révolution. Et ses tentacules remontent très haut dans le gouvernement et le PSUV. Il y a quelques mois, en avril, une foule de dignitaires latino-américains est descendu à Caracas, et ont dominé les ondes pendant plusieurs jours. Il y eu de nombreux discours sur les réalisations de Bolivar et la libération de l’Amérique latine du joug colonial. Mais ils ont également rappelé que l’indépendance réelle de ce grand continent reste à conquérir. Ces derniers mois, le président Chávez a souligné à maintes reprises qu’il ne peut y avoir de solution aux problèmes des peuples d’Amérique latine et du monde sous le Capitalisme et que la seule alternative posé à l’espèce humaine est "socialisme ou barbarie". La manifestation du 13 avril a été l’occasion d’une impressionnante démonstration de la milice populaire, des travailleurs armés, des paysans et des étudiants. Lors du congrès de clôture du PSUV des milliers de militants en chemise rouge ont scandés "Viva Chavez" et "Viva la Revolucion !" Mais sous la surface un profond malaise existe. Derrière les discours officiels, les dirigeants et militants du PSUV se déclarant gravement préoccupés par la façon dont se déroules les événements, et ce que réserve l’avenir. Une militante bolivarienne, Monica à exprimé son inquiétude : "Quand j’ai vu toutes ces miliciens et ces femmes marcher j’étais rempli de fierté. Mais il y a un problème. Le nombre de Bolivariens dans les rues était moindre que les années précédentes. Je crains que ces parades servent à détourner l’attention des questions politiques, loin des préoccupations des gens ordinaires. " Elle avoue : "Nous les Bolivariens perdons la bataille dans la population. Aujourd’hui, les contre-révolutionnaires peuvent cracher leur haine contre Chavez aux arrêts de bus et aux stations de métro sans que personne ne leur répondes. Les chavistes font profil bas. Nous sommes sur la défensive. " Un autre militant chaviste, Gustavo, a commenté avec amertume : "L’ambiance dans les quartiers pauvres est très mauvaise. Autrefois, les gens se battaient pour monter dans les bus pour aller à nos rassemblements. Maintenant, personne ne veut y aller. Certains disent même : Je vais y aller si vous me payez. Ils disent : il y a beaucoup d’argent dans ce pays - mais pour certains seulement !" En conséquence, le résultat de l’élection est difficile à prévoir. Beaucoup de choses peuvent se produire dans les prochains mois. Mais une chose est claire : ce ne sera pas un jeu d’enfant pour les candidats du PSUV. L’avant-garde du PSUV regarde le mouvement bolivarien avec l’inquiétude croissante que la contre-révolution veux saper la révolution et prépare un nouveau coup pour écarter Chavez de ses fonctions. PDVAL - le cancer de la corruption Quelle est la racine du problème ? Onze ans après l’arrivée de Chávez au pouvoir, la révolution n’a pas encore été à son terme. Le Président a honnêtement admis que le Venezuela reste un Etat capitaliste. Et des pans entiers de l’économie restent dans des mains privées. La plupart des terres sont entre les mains de latifundios, tandis qu’environ 70% de la nourriture est importée (bien que le Venezuela soit un pays fertile). Ces importations aggravent le problème de l’inflation (aujourd’hui l’un des taux les plus élevés d’Amérique latine). Et la distribution de nourriture est encore principalement entre les mains des grands supermarchés et des monopoles alimentaires souvent détenues par des entreprises étrangères. La fraude et la corruption fleurit dans ce secteur, et dans tant d’autres. Malgré tous les efforts du gouvernement, il y a de fréquentes et récurrentes pénuries de certaines denrées alimentaires. Nous avons vu la même chose à la veille du référendum constitutionnel (que le gouvernement a perdu en raison de l’abstention élevé). Ceci est la preuve concluante d’une campagne délibérée de sabotage organisée par les capitalistes visant à déstabiliser le pays et à démoraliser la population dans la période précédant les élections de Septembre. Ces problèmes sont indissociables du problème de la bureaucratie et de la corruption. Le rôle de la bureaucratie est de paralyser le progrès de la révolution, de saboter les lois progressistes, et d’annuler les initiatives de Chavez. Elles constituent l’aile droite du mouvement bolivarien, obstinément opposés aux mesures révolutionnaires telles que la nationalisation et le contrôle ouvrier des entreprises. Dans de nombreux cas, ce sabotage a eu des effets très néfastes. Nulle part ailleurs autant que dans le secteur alimentaire. Un exemple, illustré par le récent scandale de la société d’Etat des Aliments PDVAL qui fournit plus de 1.000 tonnes de nourriture de base quotidiennement au Venezuela. À la fin du mois de mai, le service de renseignement vénézuélien découvre une réserve secrète de 2334 conteneurs de produits alimentaires qui avaient été cachés par les gestionnaires corrompus de la société. En conséquence, l’ancien président Luis PDVAL Pulido a été arrêté pour corruption et vol qualifié. L’enquêtes indique que la corruption va bien au-delà d’une seule personne. Selon un article paru dans Últimas Noticias du 9 Juin, les travailleurs de PDVAL ont remis un rapport à Chávez montrant comment une mafia organisée opérait dans la propriété des sociétés alimentaires d’état. Le rapport informe que 12 hauts responsables avaient organisé un réseau mafieux qui systématiquement accaparait les conteneurs et les cachaient pour un certain temps, afin qu’ils dépassent la date de péremption, et alors ils pouvaient les vendre sur le marché noir et commander de nouveaux conteneurs par PDVAL. Toute personne qui osaient s’y opposer était réduite au silence et menacé de mort. Heartfriend Peña, un travailleur qui avait dénoncé l’existence de plus de 400 conteneurs thésaurisées a été congédié sans délai par les responsables corrompus. L’opposition de droite a essayé de "prouver" que l’affaire PDVAL est à l’image de la révolution elle-même mais elle à échoué dans cette tentative. D’autre part, les travailleurs du secteur public ont défilé pour manifester leur soutien continu aux programmes d’aide alimentaire du gouvernement. Le cas PDVAL montre comment il est impossible de construire une nouvelle société socialiste avec l’ancien état bourgeois. Sans le contrôle démocratique de la classe ouvrière, il est impossible d’éviter la corruption et la bureaucratie. La corruption est un cancer qui détruit la révolution de l’intérieur. Soit la Révolution va détruire la bureaucratie soit la bureaucratie détruira la Révolution. L’aile Chaviste de droite La bureaucratie est composée d’agents de la bourgeoisie vêtus de chemises rouges et se livre à une âpre guerre d’usure contre l’aile gauche du mouvement Bolivarien. Ils rédigent une liste noire pour empêcher les véritables éléments révolutionnaires d’avoir accès au Président. Ils répandent des mensonges et des rumeurs contre les militants de gauche dans le PSUV, les accusant d’être contre-révolutionnaires ! Le slogan du moment de ces éléments, est désormais : la discipline ! Ce qu’ils veulent dire c’est que les ministres doivent faire ce que la bureaucratie leur dit de faire ! Avant qu’un ministre puisse faire quelque chose, il ou elle doit d’abord consulter un tel et un tel, pour obtenir l’agrément de la bureaucratie. De cette façon, la Révolution est progressivement paralysé. Quand un ministre refuse obstinément de s’aligner, il ou elle peut être écarté ou supprimé. Le cas le plus scandaleux est le remplacement récent et soudain de Eduardo Saman, le ministre le plus populaire du gouvernement, qui a toujours apporté son soutien actif aux occupations d’usines et aux nationalisations. Saman est très populaire, mais très impopulaire auprès de la bourgeoisie et de la cinquième colonne, parce qu’il exigeait un monopole d’Etat du commerce extérieur - une mesure tout à fait exact et nécessaire dans une économie socialiste. Il a également participé à ce qui était pratiquement la croisade d’un homme seul pour faire baisser le prix des produits alimentaires de base. L’homme qui l’a remplacé à immédiatement augmenté le prix de toute une série de produits alimentaires de base, et a levé le contrôle des prix sur les produits de base que Saman avait maintenu en place. Ce n’est pas la meilleure façon de gagner le soutien des masses chavistes dans une année électorale ! Les capitalistes (à la fois étranger et Vénézuéliens) ont systématiquement saboté l’économie. Par exemple, l’incapacité de produire suffisamment de voitures pour satisfaire la demande locale a été la base d’une escroquerie gigantesque impliquant les grands producteurs automobiles américains, les banques et les compagnies d’assurance, qui tirent d’énormes profits dans des prêts usurier pour acheter des véhicules surévalués. Certaines entreprises qui sont censées être impliquées dans le secteur alimentaire font des fortunes en dollars en spéculant sur le bolivars, et dans la pratique ne produisent rien. Même certaines des nationalisations qui ont été effectués, sont douteuses. Dans de nombreux cas, la bureaucratie a détruit le contrôle ouvrier et à réinstallé l’ancien gestionnaires. Dans d’autres cas, les anciens propriétaires continuent à gérer les entreprises. Dans d’autres cas, tout ce qui a changé, ce sont les étiquettes sur les boîtes de café, et ainsi de suite. En revanche, il y a le cas de l’usine de la Gaviota, qui produit des sardines et a été nationalisée et est dirigé sous contrôle ouvrier. Le problème est que les cas de ce genre sont l’exception et non la règle. Nécessité d’achever la révolution Dans son analyse classique de la révolution espagnole, le marxiste Etat Unien Felix Morrow raconte un argument révélateur entre un milicien et un paysan pauvre pendant la guerre civile. Le premier tente de convaincre ce dernier de la nécessité de défendre la République espagnole. Celui-ci répond en posant une question simple et directe : "Qu’est ce que la République nous a donné à manger ?" Cette anecdote a une signification profonde pour le Venezuela d’aujourd’hui. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions ou de défendre le socialisme comme un idéal. Pour les masses pauvres, le socialisme doit signifier le pain, le beurre et le lait. Il doit signifier la fin de la criminalité, un terme à des prix élevé, et une fin à la pauvreté dans les faits. Alors que certains représentants du gouvernement et les ministres sont en train de donner de longs discours sur la « démocratie populaire », l’ennemi de classe met l’accents sur des problèmes réels, tels que l’inflation, la pénurie alimentaire et le taux de criminalité. Bien sûr, l’opposition vénézuélienne corrompus (qui est financé par l’impérialisme américain) le fait dans son intérêt propre et cynique dans le seul but de saper la révolution. S’ils devaient revenir au pouvoir, nous pouvons être assurés que les choses seraient pires, de même que la situation fût bien pire pour les travailleurs et les paysans espagnols après la victoire de Franco que sous la République. Néanmoins, il est particulièrement dangereux à ce stade d’éviter de traiter les vrais problèmes. Certains secteurs réformistes, à la fois au Venezuela et à l’étranger, ont essayé de nier les problèmes sociaux et économiques du Venezuela comme de la "simple" propagande d’opposition. Mais si vous niez ce qui est évident pour tout le monde, vous allez devenir de plus en plus éloigné des masses qui ressentent les effets de la crise économique dans leur quotidien. La nécessité d’achever la révolution est plus urgente que jamais. Incroyablement, après plus de dix ans de révolution, la situation reste favorable. Chávez pourrait utiliser sa majorité au Parlement pour adopter une loi sur la nationalisation des grandes entreprises, le secteur alimentaire et les supermarchés, les banques et l’industrie qui restent encore dans des mains privées. Cela pourrait être accompagné d’un monopole d’État sur le commerce extérieur, permettant au Venezuela pour obtenir le plein contrôle sur l’économie du pays. En outre, un décret instaurant le contrôle des travailleurs à travers tout le secteur public obtiendrait une réponse enthousiaste et les travailleurs mettraient en place des comités d’usine dans toutes les entreprises, comme nous l’avons vu, sous une forme embryonnaire à SIDOR et dans les autres industries de base de l’état de Guayana. Un développement sur ces lignes pourrait rapidement permettre au gouvernement de s’attaquer véritablement aux problèmes de l’inflation, de la spéculation, du logement, de la thésaurisation des aliments, et de l’infrastructure. Une réforme agraire radicale pourrait être introduite pour l’abolition de la domination des latifundia à la campagne et donner des terres aux paysans. Le contrôle du crédit sur une grande échelle permettrait à l’État d’accorder des prêts à bas prix aux petits agriculteurs et des incitations à la production agricole mettant ainsi fin à l’absurde importation massive de produits alimentaires. Nationaliser les banques sous le contrôle ouvrier ! Lundi 14 Juin, les autorités vénézuéliennes ont annoncé la fermeture temporaire de Banco fédérale, huitième plus grande banque du pays. Une des raisons est que la banque n’a pas respecté une loi vénézuélienne qui stimule l’investissement minimum à des fins productives. Cette mesure intervient après l’intervention et les nationalisations précédentes d’un certain nombre de banques de taille moyenne en Novembre de l’année dernière, ce qui à conduit à la création d’une nouvel banque d’État, la Bicentenario Banco. Cela signifie que le secteur d’Etat possède maintenant entre 20-25% du système financier. Bien que ces nationalisations soient un pas en avant, il convient de souligner que les capitalistes du secteur financier au Venezuela (plusieurs d’entre eux sont des multinationales) sont encore en grande partie libre de sucer une énorme richesse hors du pays. Un article dans le journal financier bourgeois Reporte Diario de la Economia a récemment révélé qu’il avait fait 2.615 milliards de profits en 2009. 83% de ce montant provenaient des taxes seules. Il s’agit d’un scandale extrême, en tenant compte du fait que des millions de Vénézuéliens vivent dans des bidonvilles extrêmement pauvres, survivant avec quelques dollars par jour. Abstraction faite de l’injustice sociale évident, cela révèle, que, plus d’une décennie depuis le début de la Révolution bolivarienne, l’économie vénézuélienne est clairement encore une économie de marché, ce qui est encore admis par les responsables gouvernementaux. Selon les chiffres de la Banque centrale du Venezuela, le secteur privé crée toujours 70% de la richesse produite au Venezuela. Le secteur privé décroit plus vite que le secteur public, mais il est encore plus puissant que ce dernier. Par exemple, en 2009, le PIB a reculé de 3,3%, le secteur privé a diminué de 4,5% et le secteur public augmente de 0,9%. Le PIB était en 2009 de 56 milliards de dollars, dont 33 milliards ont été créés dans le secteur privé et 17 milliards dans le secteur public. Il est difficile de calculer exactement, mais cela signifie que le secteur privé représente 66% du PIB, le chiffre de 70% n’est donc pas trop loin. Donc, ce que nous avons au Venezuela n’est pas le socialisme, mais une économie mixte, dans laquelle l’élément capitaliste prédomine. Certaines choses découlent de cette réalité. Le maintien du système capitaliste a impliqué que le Venezuela a été durement frappé par la récession mondiale. 2009 c’est terminée par la contraction du PIB de 3,3% et le premier trimestre de 2010 a entraîné une nouvelle baisse de -5,8%. En 2008, le PIB a progressé de 4,8%. Mais dans la même période, le secteur privé a diminué de 0,1% et le secteur public a augmenté de 16,3%. Cela signifie qu’à l’heure actuelle c’est le secteur public qui est le soutien de l’économie. La raison en est claire : Les capitalistes sont incapables et ne veulent pas développer les forces productives. Ces 10 dernières années ont vu la fermeture de 4.000 usines de petite et moyenne taille au Venezuela. Dans le même temps, l’inflation est très élevée. Les chiffres récents montrent que l’inflation cumulée pour les quatre premiers mois de 2010 est de 11,3%, alors qu’elle n’était que de 6,7% durant la même période l’année dernière. Cette situation rend la vie plus difficile pour les familles ouvrières, parce que les hausses de salaires ont été l’exception. Il y a donc une baisse réelle du pouvoir d’achat des travailleurs vénézuéliens. La révolution doit tenir compte de cette situation et en tirer la conclusion qui s’impose : dans les limites de l’économie de marché, il n’existe aucun moyen de résoudre les problèmes urgents des masses. Dans la période précédant les élections législatives du Venezuela, les marxistes vénézuéliens se battront pour un véritable programme socialiste dans le PSUV, la jeunesse du PSUV et l’UNT. La nationalisation de l’INAF est la première victoire dans ce sens et montre comment il est possible de gagner un combat, si les méthodes du marxisme sont au premier plan. Toutefois, la nationalisation partielle ne fonctionnera pas seule. Ce qui est nécessaire, c’est une économie socialiste planifiée. Afin de mettre un terme au chaos, tous les points clés de l’économie, y compris les banques, doivent être exproprié sans indemnisation. Et afin d’éradiquer le cancer de la bureaucratie et la corruption, il est essentiel que l’économie et l’État passe entre les mains de la classe ouvrière. À plusieurs reprises, Chavez a cité l’ouvrage de Lénine "L’Etat et la Révolution" comme une lecture incontournable pour tous les membres PSUV. Quelles étaient les conditions de base que Lénine à mises en avant pour la mise en place du socialisme ? 1) Des élections libres et démocratiques avec droit de révocation. 2) Aucun fonctionnaire ne peut recevoir un salaire plus élevé que celui d’un ouvrier qualifié. 3) Pas d’armée ou de police permanente, mais le peuple en armes. 4) Peu à peu, toutes les tâches d’administration doit être accomplis par tout le monde à tour de rôle : quand tout le monde est un bureaucrate, personne n’est un bureaucrate. Ces mesures devraient être mises en œuvre immédiatement au Venezuela. C’est le seul moyen de mettre un terme à la corruption et la bureaucratie. Dans son discours devant le Congrès PSUV en avril, Chávez a fait de la crise mondiale du capitalisme et une fois de plus souligné que seul le socialisme peut sauver l’humanité. Il a de nouveau cité Lénine et Marx, en soulignant le fait que le PSUV est synonyme de la lutte des classes. Il est grand temps que ces mots soient mis en pratique ! Comment gagner les classes moyennes L’une des objections fondamentales soulevées par les réformistes au programme socialiste est qu’il va aliéner les classes moyennes. Ceci est totalement faux. Les expropriations ne sont pas dirigées contre les petits propriétaires, les propriétaires des petites entreprises, des magasins et des bars, ou le paysan avec un petit lopin de terre et quelques poulets. Ils sont destinés exclusivement à des grandes banques et des monopoles qui exploitent, trichent et volent le petit entrepreneur. Le petit commerçant, les petits paysans, et les autres couches dites intermédiaires entre la classe ouvrière et la bourgeoisie sont une classe très hétérogène. Dans leurs couches supérieures, ils se tiennent près de la bourgeoisie. Les avocats prospères, les professeurs d’université, économistes, journalistes et autres professionnels ayant un intérêt dans la société existante et sont prêts à servir ses intérêts. Leurs fils et leurs filles dans les universités fournissent les troupes de choc de la réaction. Cependant, les couches inférieures de la classe moyenne sont particulièrement volatiles et en constante oscillation entre la révolution et la contre-révolution. Ces couches ont tendance à suivre la classe qui montre la voie à suivre. Ils ne peuvent être gagnés par une politique cohérente et ferme. Les réformistes appellent toujours à la modération au nom de "gagner les classes moyennes". Mais l’hésitation et la retenue est exactement la manière de perdre le soutien de la classe moyenne, et de la pousser dans les bras de réaction. Les réformistes parlent d’être « réalistes », mais en pratique, leur politique de "modération" est tout à fait utopique. Ceci est illustré par l’expérience. Il y à quelques années, l’ex-maire de Caracas, Juan Barreto a commencé un programme d’expropriations de bâtiments et de terrains non utilisés (y compris certains terrains de golf), qui a reçus une très bonne réponse parmi les habitants, beaucoup d’entre eux venant de familles de classe moyenne . Ils ont vu que le gouvernement commençait enfin à s’attaquer aux spéculateurs et aux requins du logements qui font de l’argent sur la difficulté d’accès à un logement bon marché. Mais cette politique a été rapidement inversée sous la pression des réformateurs. La leçon est claire : les classes moyennes ne peuvent être gagnées que si le gouvernement, se fondant sur la classe ouvrière, adopte une politique socialiste claire et fait preuve de courage et de détermination. Il est impossible de gagner les classes moyennes avec des mesures timides et à mi-chemin. Ce n’est que si la révolution prend des mesures décisives pour détruire la puissance économique de l’oligarchie, il sera possible de gagner de grandes sections des classes moyennes du côté de la révolution. Le PPT et l’appel à un Chavisme "tolérant" Comme la Révolution approche d’une phase critique, elle tend inévitablement à se polariser entre les ailes gauche et droite, représentant respectivement la pression des ouvriers et des paysans qui luttent pour vaincre la bourgeoisie et pour compléter la révolution socialiste, et la pression de la bourgeoisie et de la Cinquième Colonne, en s’efforçant de vaincre et de détruire la Révolution sous le faux pavillon de la « démocratie » et de la « tolérance ». C’est dans ce contexte que le PPT (Patria Para Todos), un parti qui a appartenu au bloc pro-gouvernemental, a maintenant quitté le navire et tente de se présenter comme une plus "tolérante" version du chavisme, que celui préconisée par Chávez lui-même. Ce parti est dirigé par l’ex-gouverneur PSUV de Lara, Henry Falcon qui est entré en conflit avec Chávez, entre autres parce qu’il a résisté aux tentatives du gouvernement d’exproprier une zone industrielle à Lara qui appartient au millionnaire Mendoza le propriétaire de la chaîne alimentaire Polar. Le PPT essaie maintenant (à peu près la même manière que Violeta Chamorro au Nicaragua dans les années 1980) de se présenter comme une troisième option », qui peut ouvrir la voie à une réconciliation sans effusion de sang, un compromis entre les classes qui peut rétablir la « normalité » et mettre fin en même temps aux difficultés des masses, comme l’inflation, les pénuries alimentaires et ainsi de suite. Cette rhétorique est très dangereuse, car elle cache les buts véritables de ces personnes : la contre-révolution avec un masque social et démocratique. Si le gouvernement reste incapable de résoudre bon nombre des principaux problèmes, les appels démagogiques à la réconciliation peuvent gagner d’énormes couches des classes moyennes et même certaines couches des populations urbaines pauvres qui sont fatigués et frustrés par la lenteur de la révolution et qui cherchent désespérément un moyen de sortir de l’impasse actuelle. Mais plus important encore, la prolongation de la situation actuelle peut entraîner dans l’apathie et la démoralisation certaines parties des masses qui peut se refléter dans une abstention élevé lors des prochaines élections. L’étape actuelle est caractérisée par une énorme confusion. Elle n’est pas aidé par les petits partis et les groupes en marge du mouvement bolivarien qui se décrivent comme marxistes ou « trotskistes », mais montrent une incapacité totale à comprendre la manière dont le mouvement des masses. Un exemple typique de ce phénomène est Orlando Chirino, un syndicaliste qui a utilisé la lutte des travailleurs du textile d’Aragua et qui a été à la pointe de la création de l’UNT, l’Union nationale des travailleurs. En 2007 Chirino a décidé de boycotter le PSUV lors du référendum constitutionnel. Comme nous l’avions annoncé à cette époque, il est désormais incapable de faire la distinction entre la révolution et la contre-révolution. Cela a été confirmé lors des derniers mois. Chirino a fait la promotion de sa candidature à l’Assemblée nationale sur la liste du ... PPT ! Chirino de « trotskyste » est passé dans une Front populaire des partis bourgeois afin d’attaquer le gouvernement anti-impérialiste d’Hugo Chavez ! L’histoire connaît en effet toutes sortes de transformations ! Non content d’être un candidat sur une liste bourgeoise, Chirino est maintenant publiquement opposé à la nationalisation de la chaîne alimentaire Polar puisque que ce serait une nationalisation "bourgeoise" ! En donnant au PPT une couverture de "gauche" et "ouvriériste", il sert objectivement les intérêts de l’impérialisme et de la contre-révolution. Cela devrait être comprise et combattue par tous les militants ouvriers et syndicalistes. Ceux qui souhaitent la défaite de la contre-révolution se battront dans les rangs du PSUV pour gagner ces élections comme une question de vie ou de mort pour la révolution. Durant les onze dernières années, la Révolution bolivarienne à maintes fois été sauvé par l’intervention active des masses : en 2002, 2003 et plus tard lors du Référendum révocatoire. Mais déjà le référendum constitutionnel a donné un signal d’alarme. L’opposition n’a pas gagné ce référendum. Les Chavistes l’ont perdu. Trois millions d’électeurs Chavistes sont restés chez eux. Il est impossible d’évaluer avec précision l’équilibre réel des forces électorales. Il est peu probable que l’opposition de droite va gagner beaucoup de votes. Mais il ya un grand danger que de nombreux partisans de Chavez vont tout simplement s’abstenir. Selon certaines estimations, le noyau dur de vote Chaviste pourrait être d’environ un tiers, avec un autre tiers pour l’opposition, et un autre tiers - l’élément le plus déterminant - les électeurs Chavistes qui sont désillusionnés et ne veulent pas voter. Cela pourrait donner la majorité de l’Assemblée nationale à l’opposition. Ce serait un désastre pour la Révolution. Même si l’opposition ne parvient pas à obtenir une majorité, mais obtient un vote important, ce serait un coup sérieux. Une forte présence de l’opposition à l’Assemblée leur donnerait un levier pour saper et de saboter une législation progressiste. Ils l’utiliseront pour organiser des manifestations de masse dans les rues, et mobiliser les masses petite-bourgeoises et de la classe moyenne, comme troupes de choc de la contre-révolution. Le danger est réel et présent. La Révolution bolivarienne traverse une phase difficile - difficile, mais absolument nécessaire et inévitable. Chaque révolution dans l’histoire passe par différentes étapes. Il ya toujours une première phase - la phase démocratique, comme en Février 1917 en Russie ou en avril 1931 en Espagne - une phase d’euphorie dans lequel les masses sont convaincus que tous leurs problèmes sont résolus. Les choses semblent très simples et faciles dans cette phase ! Mais ensuite vient une autre phase, où les masses commencent à prendre conscience que les choses ne sont ni simples ni faciles. Ils voient que les choses ne sont pas gagnées, et éprouvent un sentiment de déception et de désillusion. Une couche tombe dans l’inactivité et de passivité. La contre-révolution s’enhardit à chaque pas perdus par la Révolution. Il est vrai que de nombreux anciens activistes ont perdu leurs illusions et sont tombés dans l’inactivité. Mais il ya une autre couche, celle de la plupart des travailleurs et des jeunes, qui ont développé une attitude critique et ouverte aux conclusions plus révolutionnaires. Ces dernières années, nous avons vu cet état d’esprit évoluer rapidement dans le rang Chaviste. Ils haïssent la bourgeoisie et la bureaucratie réformiste. Ils sont très ouverts aux idées du marxisme révolutionnaire. Ceci a été démontré par l’excellent accueil fait au nouveau périodique marxiste Lucha de Clases (lutte de classe), le premier numéro à été vendu presque immédiatement. Les partisans de Lucha de Clases seront au premier rang de ceux qui luttent pour la victoire du PSUV aux élections de Septembre. Notre tâche la plus urgente est de vaincre la contre-révolution ! Mais il sera impossible de vaincre la contre-révolution, sans une lutte implacable contre la bureaucratie et les bourgeois de la cinquième colonne au sein du mouvement Chaviste. En nous appuyant sur les forces vives de la société vénézuélienne, les ouvriers, les paysans et la jeunesse révolutionnaire, nous poursuivrons la lutte jusqu’à la fin. Une chose est absolument certaine : la Révolution bolivarienne triomphera comme une révolution socialiste, ou ne sera pas. Caracas-Londres 5 Juillet 2010 |
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