| Les réalisations du peuple vénézuélien, selon la CEPAL |
|
|
| Ecrit par Pablo Monje-Reyey* | |
| 04-09-2010 | |
|
05 août 2010 [Traduit de l'espagnol par PTV] Il y a quelques semaines de cela, lors d’un forum « d'intellectuels », nous avons débattu sur les progrès des pays latino-américains en matière de droits humains. Sur ce thème particulier, il existe une grande quantité de données chiffrées, élaborées périodiquement par les organismes internationaux, qui permettent d'une part de rendre compte du développement des pays et de l'autre de rendre possible leur comparaison. Cependant, loin d'utiliser ou de se référer à ces données, les participants [au forum] ont débattu de manière peu rigoureuse et idéologique, dans une perspective représentant les intérêts de la droite politico-économique d'Amérique latine. Aucun d'eux n'a pu appuyer avec des données comparables les supposés reculs du Gouvernement Bolivarien du Venezuela, ni n'ont reconnu les améliorations pourtant démontrées par ces mêmes chiffres. C'est notamment le cas de l'amélioration de la qualité de vie des habitants, à travers une redistribution effective de la richesse, question ô combien délicate dans de nombreux pays de la région. Face à la sur-idéologisation droitière qui esquive toute possibilité d'analyse critique, l'objectif de cet article est simple: fournir des arguments démontrant que le développement atteint au Venezuela ces dix dernières années est démontrable et catégorique. Pour cela, j'utiliserai le Panorama Social d'Amérique latine 2009 élaboré par la CEPAL, en particulier le chapitre 1 intitulé « Pauvreté et inégalité dans un contexte de crise économique ». Ce rapport, que la CEPAL publie tout les deux ans, est une source d'information fiable et valide qui permet de reconnaître et de comparer différentes dimensions du développement des pays latino-américains. Dans ce rapport, l'accent a été mis sur le lien entre dynamiques de pauvreté et distribution du revenu (grâce aux systèmes de protection sociale), mettant en lumière la manière dont les systèmes répondent à l'actuelle crise et leur développement à moyen et long terme. En termes de progrès dans la redistribution des revenus et de la contribution à la réduction de la pauvreté, la Bolivie, le Honduras, le Panama, le Venezuela et l'Uruguay sont les cinq pays latino-américains où la redistribution des richesses a joué un rôle important, contribuant à au moins 30% de réduction de la pauvreté (page 61 du rapport). En termes d'emploi, facteur directement lié à la redistribution du revenu en contexte de crise, le rapport de la CEPAL signale que « le taux d'occupation à niveau régional a chuté de 55,1% au premier semestre de 2008 à 54,4% dans la même période de 2009. Pratiquement, tous les pays ont enregistré une augmentation du taux de non-emploi en comparaison avec l'année 2008. Cependant, nous ne retrouvons pas dans tous les cas un taux de variation négatif dans le taux d'occupation. Tandis que le Chili, l'Equateur et le Mexique y enregistrent d'importantes chutes, une augmentation de cet indicateur a eu lieu en Colombie, en République Bolivarienne du Venezuela et en Uruguay » (page 73). Cela signifie qu'à la différence de la grande majorité des pays latino-américains, le Venezuela a augmenté son taux d'occupation. Un élément important pour analyser la redistribution du revenu est la perception qu'en a la population. Au-delà des chiffres, connu comme « indicateurs objectifs », c'est bien les personnes qui ressentent directement dans leur vie quotidienne l'impact des variations du revenu. Ces indicateurs sont dits « subjectifs ». Le rapport de la CEPAL signale que la République Bolivarienne du Venezuela est le pays où la perception du bien-fondé des politiques de redistribution du revenu a augmenté le plus fortement. En effet, le rapport affirme qu'au Venezuela, « entre 1997 et 2007, le pourcentage de la population qui voyait la distribution comme juste à très juste a augmenté de 42 points, tandis que la proportion des personnes qui voyait la distribution comme très injuste s'est réduit de 26 points. Avec moins d'intensité, on observe une tendance similaire dans l’État Plurinational de Bolivie entre 2002 et 2007 (accession au pouvoir de Evo Morales en 2005) ainsi qu'au Brésil et en Équateur » (page 78). Face à ce constat, les chercheurs de la CEPAL se demandent : «Quels sont les éléments communs qu’ont le Brésil, l’Équateur, l’État Plurinational de Bolivie et la République Bolivarienne du Venezuela ? En premier lieu, dans trois des quatre pays, la concentration du revenu a diminué entre 1997 et 2007 tandis que s’amélioraient les indices de pauvreté, ce qui confirme l’existence d’une redistribution matérielle. Un second élément est la présence dans ces pays de mouvement sociaux qui ont provoqués des changements de gouvernement, donnant lieu à des modifications institutionnelles qui ont canalisées les demandes sociales et ont redistribuées des biens symboliques à la population » (page 78). Toujours selon le rapport, l’évolution favorable de cette perception subjective est en lien non seulement avec les questions relatives au fonctionnement de l’économie, mais également avec les changements politico-institutionnels qui ont permis de canaliser les demandes citoyennes. Dans le cas de la République Bolivarienne du Venezuela, poursuit le rapport, ces changements correspondent aux « missions sociales mises en place dans ce pays. Les missions ont vu le jour en 2003 afin de répondre aux besoins des secteurs populaires du pays dans des domaines où il existait un grand déficit d’attention des politiques sociales. Ces programmes ont vu le jour dans un contexte d’intense polarisation politique dont les moments les plus aigus furent le coup d’état d’avril 2002, le blocage du secteur pétrolier de décembre 2002 et le référendum d’août 2004. Les missions les plus importantes sont : Barrio Adentro (médecine préventive), les missions Robinson I et II (alphabétisation et études primaires), Ribas (éducation moyenne), Sucre (éducation supérieure), Mercados de Alimentos Mercal (programmes de distribution d’aliments subventionnés qui en décembre 2008 fournissaient des aliments à 48% de la population du pays), Vuelvan Caras (formations dans les domaines de la production et de la mie en place de coopératives) et Habitat (terre, logements et projets urbains) » (page 80). De cette manière, les missions ont réussit à avoir un impact favorable sur la vie quotidienne des vénézuéliens qui s’est traduit par une augmentation du taux d'avis favorable aux politiques de redistribution des richesses. En résumé, les réussites de la révolution bolivarienne au Venezuela peuvent être confirmées tant par des indicateurs objectifs que subjectifs qui nous fournissent une solide base pour défendre les avancées démocratiques dans le domaine politique et, ce n’est pas rien, dans le domaine économique et social. (*) Administrateur public, Master en Gestion et Politiques Publiques, Professeur à l’École latino-américaine d’Études de PostgradePolitiques Publiques de l’Université des Arts et des Sciences du Chili. Cellipeumo, hiver 2010 |



