Au Venezuela, la bataille populaire pour démocratiser le “latifundio” des ondes. Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Thierry Deronne   
04-08-2009

  “Chavez fait fermer 34 radios et télévisions”. A en croire l`AFP, AP ouReuters (et donc le Figaro, Rue89, le Monde....) le Venezuela s´enfoncedans la dictature. La Maison Blanche a fait connaitre sa “vivepréoccupation” au sujet de la “nouvelle atteinte a la libertéd´expression”.

De quoi s`agit-il ? Faisons ce a quoi ces agences et leurs fidèles clientsont renoncé : une enquête.  

Au Venezuela, les collectifs pour la libération des ondes (tels laAsociacion Nacional de Medios Alternativos y Comunitarios ANMCLA , la Redde medios comunitarios venezolanos ou la Red Alba TV), se plaignent de ceque la loi qui favorise depuis la révolution, la création de médiaslibres, participatifs, gérés par les habitants, reste parfois lettre morteá cause de la saturation commerciale des ondes. Les associations les plusdiverses - syndicats, mouvements de travailleurs, organisations de femmes,communautés indigènes ou afroaméricaines, etc.. désireuses de créer uneradio ou une télévision associative se voient souvent lésées dans leurdroit fondamental á la liberté d´expression par le quasi monopole privédes radios et télévisions. Localement et régionalement pullulent desstations commerciales ou évangélistes vivant de la pub ou du prosélytisme.Leurs autorisations d´émettre sont souvent d´origine douteuse, voireinexistantes. Un nombre croissant de citoyen(ne)s exigeaient donc d´enfinir avec l`impunité et d´appliquer la loi pour libérer des fréquences associatives.

Et que dit la loi ? La même chose que partout ailleurs. Lepropriétaire de média qui ne renouvelle pas sa demande de concession dansle délai légal ou émet sans permis, doit rendre cette fréquence a lacollectivité : au service public, á d`autres opérateurs commerciaux ou auxmédias associatifs. Il s´agit donc d´une banale mise a jour des ondesdisponibles. Soit dit en passant, ces 34 fréquences libérées ne fontqu´égratigner le quasi monopole commercial. En août 2009 quatre-vingt pourcent des ondes radio ou TV locales, régionales, nationales, satellitairesou cablées, restent aux mains de grands groupes économiques. Seuls 9 %sont liés au service public...Courte respiration démocratique donc, que lacoordination des médias associatifs veut pousser jusqu´au véritableéquilibre démocratique. En revendiquant un tiers des ondes pour les médiasassociatifs, un tiers pour le service public, un tiers pour le privé.

Pour l´internationale du Parti de la Presse et de l´Argent (PPA) l´occasion est trop belle d´enfoncer le clou de la “dictature chaviste”.On nous refait donc les plans serrés sur une poignée de manifestants quibrandissent les cartons rédigés pour CNN, laquelle parle de “protestationpopulaire”. L´AFP ou Libération, réticents a condamner le coup d´État auHonduras (par obsession anti-Chavez), entrent en campagne contre ledroit des venezueliens a démocratiser le “latifundio radioelectrico”. Poursavoir ce que dira demain la presse de France (par exemple au sujet de"Globovision" que “Chavez ne manquera pas de fermer” sous nos yeuxhorrifiés de démocrates), il suffit d´ailleurs de lire aujourd´hui lapresse de droite, majoritaire au Venezuela.

Ceux qui refusent de mourir idiots préfèreront l´analyse prémonitoire dela pseudo “fermeture de RCTV par Chavez” sur le site ACRIMED.

 Tout effort de démocratiser les ondes est un exemple pèrilleux pour despopulations qui comme en France subissent encore le monopole de grandsgroupes économiques. On trouvera un jour risible, absurde, l´idée que lacommunication humaine soit restée si longtemps au mains d´une élited´entrepreneurs. Et que la liberté d´expression ait pu être censurée silongtemps par une minorité élue par personne et responsable devantpersonne. Les procès en totalitarismes ne doivent pas nous faire peur :c´est l´heure d´exiger partout ce droit fondamental qu´est ladémocratisation des ondes de radio et télévision.

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Hands Off Venezuela, 2007