| Nouvelle victoire populaire au Vénézuéla |
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| Ecrit par Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne | |
| 24-02-2009 | |
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Libération se verrait bien désinformer ses lecteurs à vie. Une photo de Reuters montre un Chavez solitaire émergeant, narquois, deson château-fort. Le titre : "Chavez se verrait bien en président à vie".
Les intertitres : "caudillo" et "insécurité". Les témoins parlent de“caudillisme”. La révolution bolivarienne est un “castrisme new-look”.Voilà ce que Libération offre à ses lecteurs, le 14 février 2009, en guised´information préalable sur le nouveau scrutin que vient de remporter avecune confortable majorité populaire au bout de dix ans de révolution (1). En 2006 ce journal inventait déjà de toutes pièces l´antisémitisme deChavez au moyen d´un truquage de texte décrypté en détail parl´association Acrimed (2). Cette fois un certain Gérard Thomas met endoute la victoire populaire au référendum de ce dimanche 15 février aumotif qu´une “puissante” “union bolivarienne des étudiants” aurait décidéd´appuyer le “non” de droite. Le problème pour G. Thomas c´est que nul n´ajamais vu l´organisation dont il parle. Les médias d´oppositionvénézuéliens où il puise ses informations (l´opposition détient lamajorité des titres de presse, web et 80 % du spectre radio et Tv) sontpassé maîtres dans la manipulation mondiale et dans la récupération dulabel “bolivarien” pour fabriquer des clones virtuels destinés à semer laconfusion parmi les électeurs. Le principal mouvement étudiant auVenezuela, le vrai, s´appelle “fédération bolivarienne des étudiants”. Néeil y a six ans de l´explosion des missions éducatives et de la création del´université bolivarienne sur l´ensemble du territoire, cette fédérationreprésente des millions de jeunes qui ont défendu hier dans les urnes lapoursuite de la démocratisation d´une université jusqu´ici réservée auxclasses supérieures. Les étudiants des universités privées, minoritairesmais ultramédiatisés, n´ont cessé de manifester leur refus raciste departager l´éducation supérieure avec quelques millions de nouveauxcondisciples de milieu populaire. La victoire populaire de dimanche signeleur défaite autant que celle des grands médias. Gérard Thomas qualifie la démocratie venezuelienne de “castrisme new look”? Une seconde, permettez. Après dix ans de révolution le Venezuela compteune quarantaine de partis politiques, de l´extrême-droite àl´extrême-gauche. La grande majorité des medias appartient à l´opposition. L´ONG chilienne indépendante Latinobarometro (3) qui sonde tout lecontinent vient de classer le Venezuela avec un score de 80% sur l´échellede la conscience démocratique en Amérique Latine. Le président Lula asouligné récemment que Hugo Chavez est sans doute le plus légitime desprésidents latino-américains, vu le nombre d´élections et de référendumsorganisés sous sa présidence, et qu´il ne voyait que démocratie dans leréférendum de dimanche puisque c´est le peuple qui tranche. Rafael Correa,depuis l´Equateur, demande qu´on cesse de donner des lecons à ladémocratie vénézuélienne et les Présidents de la Bolivie et du Paraguay,Evo et Lugo ont souhaité bonne chance au Président Chavez quelques heuresavant les élections. Si tous ses collègues latinoaméricains le saluentainsi, c´est aussi parce qu´ils reconnaissent que si aujourd`huil´ìntégration latinoaméricaine avance à grand pas avec des initiativescomme la UNASUR , l`ALBA ou la Banque du Sud c`est en grande partie gracea la diplomatie vénézuélienne que Thomas qualifie d`«erratique» sousprétexte que le Venezuela aurait rompu ses relations avec Israël parsolidarité avec le peuple palestinien et entretienne de bonnes relationsavec l`Iran comme avec tous les grand pays du Sud de la Chine au Viet Nam,de l´Afrique du Sud a la Malaisie : ce sud que des médias comme Libé serefusent de voir. Pourquoi faut-il que Libération continue à cacher à ses lecteurs que lapossibilité de rendre rééligibles tous les élus sans limite permetsimplement de multiplier l´offre démocratique des candidats ? Que celaexiste déjà dans la plupart des démocraties ? Qu´en France c´est NicolasSarkozy qui a fait supprimer cette possibilité de se présenter plus dedeux fois à la présidence (sans doute traumatisé par l´hypothèse d´untroisième mandat de Chirac - lequel aurait pu, peut-être, empêcher la France de retomber sous la coupe de l´OTAN). Pourquoi cacher qu´auVenezuela les observateurs internationaux ont jugé transparents,démocratiques toutes les élections, tous les référendums ( quinze en dixans alors qu`entre 1959 et 1998 n`ont eu lieu que 12 elections ans ),saluant un systeme electoral des plus fiables au monde? Au fond ce que craint Libération c´est que la politique puisse encorepasser par des projets à long terme, portés par de grands hommes d´État,comme de Gaulle a pu l´incarner à une époque. Pour Libération lademocratie consiste a renouveler rapidement les présidents comme lesproduits frais au marché. Quelle importance comme le soulignait encorerecémment une étude de la CEPAL , si la pauvreté a baissé de 20 % et quel´inégalité sociale ne cesse de se résorber, si la santé publique gratuitesauve des millions de vies, s´il y a encore tant à faire du point de vuede la majorité sociale pour sortir à jamais de la misère et construirel´égalité totale des droits ? Quelle importance si les vénézuéliens,contrairement aux francais, ont déjà conquis le droit de monter légalementdes médias alternatifs, d´y user d´une pleine liberté de parole, ou ledroit de décider des politiques locales et de les évaluer à travers desmilliers de conseils communaux ? Gérard Thomas fait dire à un “habitant deCaracas” que ce ne sont là que "promesses non tenues d´année en année". Libération est passée de Sartre à Rothschild, sans sortir des règlementsde compte des années 80, rivée au dogme selon lequel toute révolution mèneau stalinisme. En fondant le journal Sartre avait prévenu : “Le droit al´information n´est pas, comme on le croit à tort, un droit du journalistemais le droit du peuple de savoir ce qui se passe. Le rôle du journaliste,en somme, est de permettre au peuple de discuter avec le peuple”. Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne Caracas, le 15 février 2009 Notes : 1. http://www.liberation.fr/monde/0101319404-ch-vez-se-verrait-bien-president-a-vie 2. Sur le journalisme d´imputation pratiqué par Libération contre HugoChavez . http://www.acrimed.org/rubrique355.html 3. VOIR http://www.latinobarometro.org/ 4. Tous les résultats des scrutins au Venezuela sont disponibles surle site du conseil électoral : http://www.cne.gob.ve/ |



